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Connaissez-vous la Gestalt ?
Rédigé par Stéphanie Féliculis
La Gestalt est un courant de psychothérapie qui s’est développé dans les années cinquante aux USA et qui s’avère très pertinent en coaching.
Le but de cet article est de vous le faire découvrir.
Rappelons que l’objectif du coaching est d’aider une personne à atteindre des objectifs qu’elle s’est fixés dans un cadre de temps précisé à l’avance. Ce type d’intervention repose principalement sur une relation de confiance entre le coaché et son coach.
On va voir que la Gestalt met particulièrement l’accent sur cette relation inter-individuelle dans sa philosophie et dans ses techniques d’intervention, d’où son intérêt en coaching.
La Gestalt : une discipline mosaïque
La Gestalt a été élaborée par un collectif de praticiens et de quelques penseurs, différents dans leurs origines et complémentaires. Fritz Perls était au départ un psychanalyste d’origine autrichienne, Laura Perls, sa femme, avait été formée en Allemagne à la Gestalt-théorie (courant de la psychologie fondé sur l’analyse des phénomène perceptifs et Paul Goodman, par exemple, était américain dramaturge et philosophe.
Cette discipline voit le jour aux USA dans des années de grand foisonnement théorique et pratique. Elle puise donc à des sources multiples, psychanalyse bien sûr, existentialisme et phénoménologie, mais aussi sagesses orientales et influences systémiques.
Elle fait partie des thérapies dites humanistes et du courtant des thérapies brèves. Le terme de Gestalt est tiré du mot « forme » en allemand.
Une philosophie proche des enjeux du coaching
La Gestalt s’intéresse à notre expérience ici et maintenant. Elle observe comment on fonctionne et ce qu’on veut changer (et pas seulement pourquoi on est ce qu’on est). Elle regarde comment on tisse et dénoue nos relations, à la fois avec les différentes parties de nous-mêmes mais aussi avec notre entourage réel. Elle s’intéresse donc à nos processus de fonctionnement, sans les juger.
Par exemple, elle nous invite à repérer si nous sommes conscients de nos besoins ou si nous adoptons un processus d’enfouissement de ceux-ci.
Dans nos relations avec l’environnement, elle nous aide à voir si nous avons des relations qui naissent, se déploient et se terminent de façon satisfaisante pour nous, ou si, au contraire, nous avons tendance à répéter les mêmes ruptures dans nos contacts avec les autres, refus de s’engager ou incapacité à se séparer par exemple.
Pour la Gestalt, l’environnement qui nous entoure et la manière dont on s’y ajuste créativement, en respectant tant le monde autour que nous-même est le but principal d’un travail sur soi. La notion d’ajustement créateur n’est pas une simple adaptation de surface. Dans cette façon d’agir, nous acceptons de changer en profondeur et l’environnement aussi. On créé ensemble ou on « co-créé » dans chaque situation quelque chose qui ne diminue ni l’un ni l’autre et n’est pas nécessairement la vision de l’un ou de l’autre.
Elle se donne, enfin, pour vocation d’aider les personnes à départager ce qui est de l’ordre de leur responsabilité et ce qui ne l’est pas.
Sur la responsabilité, en séance de coaching, je peux par exemple exprimer clairement à mon client que « je n’achète pas » certaines demandes qu’il me fait, comme le fait de tenter de me transférer une responsabilité active dans la résolution de ses problèmes. Il s’agit-là d’une attente de dépendance certes compréhensible mais que je me dois de dépister avec lui ! La Gestalt comme le coaching sont des écoles d’autonomie affective.
Par ce côté pragmatique et centré sur les relations réelles (et pas uniquement fantasmatiques) et son souci de remettre la personne face à ses responsabilités, la Gestalt se rapproche bien du cadre et des objectifs du coaching.
Une pratique d’intervention aux outils pertinents en coaching
- Elle fonctionne sur le registre de l’awareness (de l’anglais « conscience »), qui se définit comme une présence attentive à soi et au monde. On focalise sur ce qui se passe entre le client et le praticien, comme laboratoire de compréhension des modes de fonctionnement de la personne et comme outil d’expérimentation de changements, dans le sens décidé par le client.
En coaching, par exemple, j’invite toujours mes clients à être conscient au maximum et à s’exprimer sur ce qui se passe entre nous. Je fais alors l’hypothèse qu’ils sont en face de moi et avec moi, comme ils le sont à l’extérieur, mais que j’ai en tant que praticienne plus de moyens d’action pour travailler avec eux notre relation, plutôt que celles qu’ils ont à l’extérieur avec d’autres (ce qu’ils font ensuite eux-mêmes en dehors des séances). Par exemple, si un client a du mal à formuler des critiques, je l’invite à en trouver à me faire directement et on regarde ensemble ce que ça lui fait. Il se dote ainsi d’une première expérience faite dans un contexte sécurisant et reproductible ensuite ailleurs.
- La Gestalt utilise l’implication contrôlée du praticien comme levier relationnel important du changement. En m’engageant dans la relation en tant que coach, j’invite mon client à procéder de la même manière, en mobilisant ses pensées, ses affects, ses besoins, en pleine conscience de ce qui est présent pour lui au moment actuel.
Par exemple, face à un client qui a du mal à supporter l’autorité et qui critique une de mes suggestions en séance, je lui formule pouvoir me sentir agressée par sa remarque, il l’entend et en vient à me dire que dans le cas présent, il a eu un ressenti d’infériorité suffisamment désagréable pour qu’il ait eu envie de contre-attaquer. Il décode ainsi chez lui un processus peu conscient dont il devient plus « aware ». C’est plus riche, direct et efficace que d’analyser une situation extérieure sur le même sujet.
- La Gestalt adopte une démarche où l’expérimentation de nouveaux comportements est active. Le client est invité à mettre en scène de façon symbolique ce qu’il ressent. Il est invité à faire quelque chose de nouveau, à se mettre « en danger » relatif, pour se laisser découvrir des choses nouvelles en lui et en son environnement.
Par exemple, j’ai une fois en séance demandé à une client manquant de confiance en elle de monter sur une chaise et de parler d’elle face à un public imaginaire. Evidemment, elle en a retiré d’oser plus ensuite se montrer dans des situations réelles.
J’espère que cette présentation succincte de quelques éléments clefs de la Gestalt vous aura familiarisé avec cette discipline injustement méconnue en France et pourquoi pas donner envie de tester pour vous un travail sur vous-même d’inspiration gestaltiste.
Je suis toujours disponible pour dialoguer avec vous sur le site, répondre à vos questions ou réagir à vos commentaires sur cet article ou sur le précédent.
Et je vous donne rendez-vous prochainement dans la newsletter pour vous parler des croyances bloquantes en management.
Auteur de l'article : Stéphanie Feliculis
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