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L’entreprise réparatrice ou le nouvel épanouissement , le livre de Pierre Hurstel

Rédigé par Coaching Avenue Ko-Evolution

Depuis le temps qu’on nous serine que l’entreprise exploite les hommes et les femmes, les presse comme des citrons, leur fait subir tous les maux et les affres du stress en sacrifiant aux exigences d’un matérialisme destructeur et inhumain, voilà un ouvrage de conviction écrit par un DRH qui nous montre que l’entreprise peut être un lieu où les hommes et les femmes se construisent, s’épanouissent, mûrissent et même peuvent apprendre à se restructurer ou se réparer.

Alors simple profession de foi ou véritable manifeste pour un management différent ?



Réparation ? Vous avez dit réparation ?

L’auteur, Pierre Hurstel, auditeur et Directeur de la Stratégie des Ressources Humaines de ERNST & YOUNG, s’appuie sur son expérience et de nombreux travaux en psychologie et sociologie pour démontrer qu’il n’est pas utopique de placer l’équilibre des salariés au coeur de la réussite des entreprises.

Le personnage est atypique, à la fois auditeur financier reconnu et humaniste. Le titre se veut un peu frondeur, à l’image du personnage d’apparence débonnaire mais sérieusement ancré sur ses convictions et capable de les traduire en actes en mettant en place au sein d’une des plus grandes entreprise mondiales spécialisées en Audit, Droit et Finances une politique de Ressources Humaines entièrement centrée sur les collaborateurs et leurs potentiels.

Que l’on ne s’y trompe pas, le personnage et le ton peuvent paraître légers mais le propos est édifiant.

La Préface d’Herminia Ibarra, Professeur à la Harvard Business School, attaque nos croyances négatives sur le côté sombre de la vie en entreprise et concocte mot à mot l’antidote moral dont nous avons tant besoin pour réhabiliter le rôle du travail en entreprise dans la construction et l’accomplissement de nos vies. L’entreprise devient source de sens, facteur d’identité, lieu de formation, d’initiative et d’innovation, marché aux idées et enfin lieu de réparation.

Pierre Hurstel se demande comment encourager les gens à tous les niveaux de l’entreprise afin de leur permettre d’exprimer tout leur potentiel et nous emmène à la découverte de différentes réponses éclairées d’exemples vécus et de références.



Des témoignages saisissants

Comme il se doit, ce livre laisse une bonne place aux hommes et aux femmes de l’entreprise et recueille le témoignage de plusieurs collaborateurs qui ont vécu une transformation notable à la suite d’une prise en compte de leurs problèmes au sein même de l’entreprise. Un consultant, un auditeur financier et une responsable en Ressources Humaines nous font partager leur itinéraire réparateur.

Ces témoignages illustrent clairement le phénomène de reconstruction de l’individu dans un environnement de travail qui n’impose plus de dichotomie entre l’être privé et l’être professionnel.

Ce qui répare ? C’est d’abord une appréciation de soi-même qui était décentrée et qui se recentre parce que l’individu peut s’exprimer et que le manager a su voir les qualités professionnelles de son collaborateur, comprendre ses freins, lui en faire prendre conscience afin de le décider à le résoudre et faire accepter la situation à toute une équipe.

Pierre Hurstel partage ensuite avec le lecteur les histoires du réalisateur d’un clip de MC Solaar, du créateur de la Twingo, du Président des Personnels actionnaires de Thomson CSF et du fondateur du site Be the One.com pour montrer que dans l’entreprise on peut réussir à devenir qui on a envie, s’épanouir, assumer son identité.

Pour montrer aussi que quand le périmètre est clair, que les objectifs sont quantifiables, l’individu se structure, se responsabilise et acquiert de l’autonomie. Pour montrer encore que la réalisation des objectifs de travail, le dépassement de la peur de ne pas y arriver constituent une véritable thérapie. Pour montrer enfin qu’on peut permettre à n’importe qui d’accroître son amplitude de travail en lui disant quoi et quand mais pas forcément comment.



De l’écoute avant toute chose …

L’entreprise devient un nouveau champ thérapeutique autour du « faire » comme un élément constructif pour l’Homme. De monde hostile, elle devient monde du possible. Elle apprend à remercier, à reconnaître, à stimuler. Si elle évalue c’est pour mieux corriger, soutenir et récompenser.

Le manager doit prendre la peine, dans la fixation des objectifs, d’écouter et de faire confiance. Il ne demande pas aux gens d’être parfaits et il accepte avant tout qu’ils puissent apprendre à se connaître, à tirer profit de leurs atouts, à reculer leurs limites, à modifier leurs certitudes en douceur. Il y a reconnaissance du lien entre l’individu dans le monde du travail et ce qu’il est profondément avec une maturité à construire, un passé parfois générateur d’angoisses et de mal-être …

Il ne s’agit pas de nier le stress lié à la gestion nécessaire de la performance mais de retrouver avec le collaborateur ses facteurs de stimulation.

C’est dans la réussite que l’individu se répare. Or qui dit réussite dit mesure de la performance. Pour cela le collaborateur doit être incité à prendre conscience à la fois du mode d’organisation dans lequel il évolue, de son propre positionnement et de sa propre marge de manœuvre. Il doit donc être capable de s’auto-évaluer, de se fixer des objectifs ambitieux et réalistes, d’être force de proposition dans son plan de progrès et d’action. L’entreprise quant à elle doit être capable d’écouter, d’accompagner et de donner du feedback.



Comment l’homme réparé devient intelligent … durablement

Partant du principe qu’il y a une corrélation étroite entre la taux de stress et le taux d’irrationalité de la pensée, Pierre Hurstel invite un médecin à s’exprimer sur les méfaits du refoulement et de la peur de la punition.

Si les processus de fuite, de lutte et d’inhibition sont présentés comme trois états courants de l’individu confronté au stress, les récents travaux des neurologues sur le cerveau sont appelés à la rescousse pour comprendre comment l’individu peut résoudre presque facilement son exposition au stress s’il lui est permis de mobiliser ses capacités intellectuelles pour faire face à la situation.

L’entreprise peut précisément être ce lieu capable de favoriser cet épanouissement à condition que le travail qu’on y accomplit permette de trouver, de résoudre, de construire, de coordonner, d’approfondir, en utilisant à la fois les ressources de l’intellect et de l’émotionnel. L’entreprise en compétition est un champ d’action qui permet d’augmenter les ressources mentales de chacun au profit de tous.

L’entreprise est capable de réparer les individus qui la font vivre parce qu’elle est un stimulant pour leur intelligence, parce qu’elle leur permet de se construire une personnalité , de développer leurs compétences et d’être rendu à leur dignité.

C’est ensuite de développement durable dont il est question avec maintes références et illustrations, des recommandations de l’OCDE au Conseil des priorités économiques en passant par le fonds de pension Calpers des fonctionnaires de l’Etat de Califormie et les principes du révérend Sullivan, accessoirement un des administrateurs de General Motors …

L’idée forte de cet inventaire à la Prévert est que l’entreprise qui ne répare pas ses membres est appelée à disparaître. L’entreprise doit désormais marcher avec ses collaborateurs. Le risque de réputation est devenu un paramètre incontournable de la gestion des Entreprises. Devenir responsable socialement est même concrètement devenu bon pour le profit !

La stratégie des Ressources Humaines doit s’appliquer à donner à l’individu des moyens pour qu’il aille à la rencontre de ce qu’il a de meilleur en lui pour le mettre à la disposition de l’entreprise et prendre des risques avec elle. L’univers du travail est engagé dans un mouvement permanent qui ne cesse de s’accélérer et qui exige une adaptation permanente. L’intelligence c’est désormais de savoir progresser dans les contraintes et dans la précarité.



Dessine-moi une entreprise réparatrice !

Pierre Hurstel revisite les principes fondateurs d’une entreprise réparatrice : accompagnement et développement des compétences, souplesse de l’organisation du travail, respect du système de valeurs de la personne, prise en compte des différences culturelles et des contingences nationales, mode de management tourné vers la réussite et le succès collectif, évolution des carrières et mobilité, management de l’innovation et des transitions, acceptation du droit à l’erreur, à l’échec et à la différence …

Vous voulez connaître les secrets de l’entreprise réparatrice ? La gestion par les compétences, l’autonomie des salariés, la maîtrise intelligente de la flexibilité, le respect, la citoyenneté, la gestion des carrières, la rencontre active entre le dirigeant et son équipe, l’intelligence émotionnelle …

Soyons clair, l’entreprise reste avant tout un lieu de travail et de profit mais elle a désormais un rôle important à jouer, celui de donner à l’homme une dimension qui lui permettra de contenir ses peurs, de s’accomplir lui-même et de se sentir utile. Car c’est finalement bien en participant à la construction du Monde, notamment au sein de l’Entreprise, que l’Homme le comprend mieux, qu’il devient moins fragile, se répare et grandit.


Pour en savoir plus :
L'entreprise réparatrice ou le nouvel épanouissement
Pierre Hurstel - Editions Maxima



Auteur de l'article : Fabienne Speck (Ernst & Young)
Pour la contacter

Mise en ligne : 30/07/03