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Le plafond de verre

Rédigé par Brigitte Roujol

Appelé également "the glass ceiling "(anglais), "le plancher collant "(Quebec), "l'échelon gluant", ''le plafond de verre'' est la barrière invisible qui empêche les femmes d'accéder aux plus hauts niveaux de la hiérarchie dans leur travail.



Définitions

L’OIT, Organisation internationale du travail, le définit comme «les barrières invisibles créées par des préjugés comportementaux et organisationnels qui empêchent les femmes d’accéder aux plus hautes responsabilités ».

L’expression vient du fait qu’en 1987, un groupe de chercheurs américains s’est penché sur la question des obstacles particuliers qui se dressent devant les gestionnaires de sexe féminin et a publié un ouvrage marquant intitulé "Breaking the Glass Ceiling "(Morrison et al., 1987) .

En 1992, le U.S. Merit Systems Protection Board a déclaré que «les femmes font face à des obstacles concrets, mais néanmoins très subtils, qui ne se dressent pas devant les hommes... les femmes peuvent voir le sommet de l'échelle, mais se heurtent à une barricade invisible lorsqu'elles tentent d'y accéder».



Quelques chiffres parlants

Dans les 5000 premières entreprises françaises, les femmes ne représentent que 7% des cadres dirigeants.

La fonction publique, pourtant réglementée, n'améliore guère cette moyenne. Dans son rapport ministériel de 1999, Anne-Marie Colmou ne compte que 13 femmes directeurs sur 168 postes, une seule femme Préfet de région et une seule à la tête d'un CHU-CHR. Faut-il voir là un complot machiste ? Non, c'est à la fois plus simple et plus subtil : "C'est, dit-elle, la logique d'un système immuable où la reproduction d'un modèle de fonctionnement masculin dissuade les candidatures féminines".

Une étude canadienne indique que 62% des hommes occupant des postes de cadres supérieurs dans la fonction publique ne croient pas en la théorie du plafond de verre... vraisemblablement faute d'y être eux-mêmes confrontés !

Selon Statistique Canada, les femmes qui travaillent à temps plein gagnent 72% du salaire des hommes (1994)



Ce que montrent les recherches théoriques sur le sujet

L’obstacle du «plafond de verre» est essentiellement attribuable à des facteurs culturels et psychologiques qui entravent les progrès des femmes en milieu de travail.

Dix ans après la publication d'un premier ouvrage intitulé "Men and Women in the Corporation" (1977), Rosabeth Moss Kanter a constaté en 1987 que même si les femmes avaient réalisé des progrès dans le milieu de travail, elles n'avaient toujours pas réussi à aller au-delà du «plafond de verre» qui les empêchait d'accéder aux postes les plus élevés.

Kanter a également découvert que les femmes semblaient se retirer de la course à la direction presque aussi rapidement qu'elles y entraient. Les femmes étaient toujours exclues de certains cercles internes et le fait qu'elles étaient coincées (c'est-à-dire bloquées dans des postes leur offrant moins de possibilité) freinait leurs aspirations et leur engagement allait en diminuant.



L’échelon gluant, une métaphore encore plus parlante

Des chercheurs ont contesté la métaphore du plafond de verre. En particulier Hede (1993) affirme qu'en dépit de son caractère facile et évocateur, sa définition demeure imprécise.

Il propose quant à lui un terme qu'il juge plus approprié pour décrire les obstacles auxquels les femmes font face, soit «les échelons gluants».

Cette expression laisse entendre qu'à chaque étape de la carrière d'une femme, il y a des obstacles comportementaux et psychologiques qui entraveront sa progression à des échelons supérieurs. Ces obstacles peuvent limiter le rendement des femmes à n'importe quel échelon de la hiérarchie.


Nous aborderons dans de prochains articles sur le même thème :

Les obstacles qui empêchent les femmes d'accéder aux postes de direction


Les facteurs de réussite au féminin



Auteur de l'article : Brigitte Roujol
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