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Les Cavaliers de l'Apocalypse ou les quatres fléaux qui anéantissent la relation
Rédigé par Laurent Caudron
Contrairement à ce qu’il veut faire croire aux autres et voudrait croire lui-même, l’être humain n’est pas un être de raison mais un être d’émotion. Cela se manifeste d’autant plus dans les situations difficiles, au moment où nous aurions le plus besoin de toutes nos capacités de raisonnement.
Notre cerveau émotionnel, la partie primitive qui commande lorsque notre « cerveau civilisé » ne répond plus, est conditionné pour avoir deux comportements face à la peur, au danger ou à l’agression : l’attaque ou la fuite.
QUATRE FLEAUX QUI ANEANTISSENT LA RELATION
Et c’est précisément ce qu’apportent les quatres cavaliers de l’apocalypse : ils submergent le cerveau civilisé, capable de réflexions, de jugements et d’attitudes raisonnables et ils mettent aux commandes le primitif ; le cerveau émotionnel.
Imaginez une négociation délicate ! Elle nécessite de la finesse, de l’écoute, de l’intelligence. Votre objectif est d’obtenir une solution gagnant /gagnant. Or, comme négociateur vous avez un homme de Néanderthal. Soit il frappe avec sa massue, soit il fuit à toutes jambes. Résultat de votre négociation ?
Pourtant, il est très fréquent que dans nos relations nous fassions appel à l’un où l’autre des cavaliers de l’apocalypse.
Cela se traduit instantanément par un changement physiologique. Le cœur bat plus vite (les pulsations passent environ de 70 à 110 par minute). La pression artérielle augmente. Le taux d’adrénaline grimpe. Les muscles se tendent, prêts à l’action (combat ou fuite ?).
Fini la courtoisie et la subtilité ; retour à l'ère du Néanderthal.
QUELS SONT CES QUATRES CAVALIERS DE L’APOCALYPSE ?
Les quatres fléaux qui vont anéantir la relation en amenant des comportements inadéquats, irrationnels, désastreux.
1/ LA CRITIQUE
« Vous êtes encore en retard, on ne peut pas vous faire confiance ! »
« Vos prix sont absurdes, vous vous moquez du monde ! »
« Il y a des erreurs, c’est inadmissible, vous êtes incompétent ! »
« C’est quoi votre problème ? »
« Tu ne peux pas y aller comme ça, tu ressembles à … un épouvantail, un clochard, une p… !»
2/ LE MÉPRIS
« Votre comportement est inapproprié, vous ne vous en rendez pas compte ? »
« Ma pauvre fille, vous êtes vraiment stupide ! »
« vous ne comprendrez décidément jamais rien ! »
« Vous êtes vraiment trop nul ! »
Le sarcasme, blessant et rabaissant, rejoint le mépris dans ses effets.
« Mon fils aussi écrit un peu comme vous, mais lui, il a seulement 7 ans. »
« Ah ! Vous n’avez que deux mains. Un instant je me suis demandé si vous en aviez au moins une, étant donné le travail que vous effectuez. »
…
Il peut être parfois jubilatoire de river son clou à quelqu’un. Mais, en définitive, si la relation doit durer, il n’est pas certain que nous y ayons gagné.
Par ailleurs, le langage non verbal est suffisant pour exprimer l’exaspération, le mépris ou le dégoût qu’une personne nous inspire.
Comment alors saurions nous réfléchir à trouver une solution équitable quand notre interlocuteur nous envoie un tel message ?
3/ L’ATTAQUE ( la contre attaque)
C’est l’escalade de la force jusqu’à l’écrasement de l’un des protagonistes ou jusqu’à la séparation physique durable. La loi du plus fort par la verve, le ton, le physique.
« … ce qui prouve que j’ai raison… »
« Je vous rappelle que je suis votre supérieur, alors maintenant taisez vous ! »
« Va dans ta chambre ! »
Le licenciement, la gifle.
C’est le genre de victoire douloureuse qui aggrave la situation sans rien avoir résolu du problème.
C’est un peu le cas, par exemple, quand deux états envisagent l’atomisation totale de l’ennemi pour « régler » le conflit.
4/ LE RETRAIT TOTAL (le corps inhabité)
L’abandon émotionnel de la relation.
Il survient après un laps de temps pendant lequel le conflit n’a pas débouché sur une solution.
[Parenthèse : Cette technique communément masculine énerve beaucoup les femmes. Mais attention. Lorsque c’est une femme qui « se ferme » de cette façon, la raison de l’homme, que cela peut submerger, va laisser la place à une réaction primitive d’agression qui peut dégénérer en violence physique.]
Même lorsque l’autre cherche le contact en parlant de plus en plus fort, en provocant, en posant des questions très précises, en cassant la vaisselle… c’est le mutisme, l’indifférence, les réponses sur un autre sujet.
C’est le collaborateur qui se comporte comme un robot. Ne fait rien qui ne lui soit précisément ordonné.
Dans ces types situations de critique, de mépris, d’attaque ou de retrait total, la tendance naturelle nous porte aux réactions primaires.
Heureusement, les techniques de communication nous évitent ces travers. Une formation et un accompagnement adéquat préviennent ces crises, les résolvent et de surcroît permettent d’aboutir à des relations constructives et d’obtenir les solutions les plus satisfaisantes.
Nonobstant, point d’angélisme : si vous êtes confronté à une tête de pioche, ou à une personne particulièrement pénible faites vous plaisir. Mais en conscience cette fois. Atomisez la d’une réplique assassine, ridiculisez la sur un trait de son caractère, méprisez la pour son infinie niaiserie et vaquez à vos occupations comme si elle n’ existait pas plus à vos yeux que l’acarien sur lequel chaque jour vous marchez ignorant même qu’il vit sa petite vie mesquine dans la moquette de l’entrée.
Quant à vous, bon enfant, digne et la victoire modeste, vous vous délecterez de cette intense satisfaction intérieure qui dissoud le stress et ravigote la santé.
Ensuite, faites appel à un coach pour vous aider à réparer les dégats !
Auteur de l'article : Laurent Caudron
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