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Entretien avec Dee Hock : La capacité de recevoir, utiliser, stocker, transformer et transmettre de l'information

Rédigé par Notre Invité

Avec l’aimable autorisation de la revue "What Is Enlightenment", Coaching Avenue reproduit une interview de Dee Hock, fondateur et ancien PDG de Visa qui nous parle nous parle dans cette troisième partie de l'interview du CRUSSTI, la capacité de recevoir, utiliser, stocker, transformer et transmettre de l'information.



Encore plus importante et il faudra réfléchir sérieusement à cette question est l'histoire de ce que j'appelle la " capacité de recevoir, utiliser, stocker, transformer et transmettre de l'information ".

Si nous retournons à la première forme de vie unicellulaire, il est clair qu'elle possédait la capacité de recevoir, utiliser, stocker, transformer et transmettre de l'information. Cette capacité précède la cellule elle-même, puisque c'est la définition de l'ADN.

La clé pour comprendre ce dont parle Don Beck est de savoir que plus est importante la capacité d'une entité de recevoir, utiliser, stocker, transformer et transmettre de l'information, plus cette entité est diversifiée et complexe. On peut retracer l'évolution de cette capacité de la particule au neutron, au noyau, à l'atome, à l'acide aminé, à la protéine, à la molécule, à la cellule, à l'organe, puis à l'organisme. Ou bien, ainsi que j'aime le formuler : de la bactérie à l'abeille à la chauve-souris à l'oiseau au buffle qui la renvoie directement au joueur de base-ball.

L'évolution a poursuivi son chemin et, avec le temps, cette capacité de recevoir, utiliser, stocker, transformer et transmettre de l'information à échappé à l'entité individuelle pour devenir partagée comme le chant des oiseaux, le sonar des chauve-souris, le phéromone des fourmis, le langage des humains. Avec la capacité de communiquer est immédiatement venue dans l'évolution les communautés complexes d'organismes, tels que les essaims, les troupeaux, les tribus, etc.

Le langage a été une énorme expansion de la capacité de traiter de l'information. La conséquence immédiate a été un grand bond vers la complexité sociétale. La même chose s'est passée avec les mathématiques, le premier langage global, une énorme croissance de la diversité et de la complexité sociétales.

Avec l'imprimerie, la capacité de traiter l'information s'est encore élargie en incluant ce qui peut être mécaniquement enregistré et transporté. Ensuite le télégraphe a mené à la capacité électronique, le téléphone a transporté la voix, la télévision a augmenté la capacité visuelle. Chacune de ces expansions a été immédiatement suivie d'un énorme croissance de la complexité sociétale.

Soudainement, dans le temps des trois dernières décennies, avec l'émergence de la micro-technologie, nous nous retrouvons avec des algorithmes améliorés par mille, cinq cent mille fois plus de pouvoir de calcul par individu, et une mobilité d'information multipliée par cinq cent millions.

Comme j'aime le dire, la totalité de la mémoire de l'espèce ce qui veut dire toute information connue et enregistrée ne sera plus éloignée de nous, dans quelques années, que de quelques touches de clavier.

Quelles vont être les conséquences de cette explosion de la capacité de recevoir, utiliser, stocker, transformer et transmettre de l'information pour les formes d'organisation et pour la complexité et la diversité de nos problèmes ?

Mais ce n'est rien encore. Prenez la nano-technologie qui en langage simple est la technologie des ordinateurs et des machines d'assemblage, capables de s'auto-cloner, des instruments si minuscules qu'ils peuvent agencer des atomes comme si c'étaient des briques. C'est de cette façon que nous allons fabriquer des organes, des organismes, des produits et des services d'ici trois ou quatre décennies. Avec la nano-techonologie, l'information va se déplacer à une vitesse et en quantité cent fois, peut-être mille fois plus grandes qu'aujourd'hui.


Autre paramètre important : chaque transformation de cet ordre apporte une croissance égale de notre pouvoir de modifier et de détruire la nature.


C'est là où nous en sommes aujourd'hui. Si l'évolution ne change pas totalement de direction, nous allons nous trouver face à un explosion de diversité et de complexité sociétales, et à une perturbation des systèmes biologiques bien plus importantes que ce que nous connaissons aujourd'hui, ou que nous ne sommes peut-être pas même encore capables d'imaginer.


La question essentielle devient alors : pouvons nous faire face à ces transformations avec nos vieilles formes d'organisation mécanistes basées sur le commandement et le contrôle, héritées du dix-septième siècle ?

Notre chance de réussite est celle d'une boule de neige en enfer. Je dis toujours à mon auditoire : si vous pensez que cette transformation ne vas pas avoir lieu, ou qu'elle n'est pas en train d'avoir lieu, ou que vous pouvez l'éviter, ou que vous pouvez opérer de la vielle façon et n'avoir pas à vous y confronter, essayez de vous rappeler la dernière fois que l'évolution vous a téléphoné pour vous demander votre permission. Cela n'arrivera pas.

Nous pouvons continuer à perpétuer les vieux schémas et essayer de faire fonctionner le monde selon notre vision mécaniste et newtonienne de la réalité, ou bien nous pouvons changer de vision, modifier notre modèle interne de la réalité. La première option n'est pas seulement stupide, elle est futile. La deuxième est difficile, mais essentielle si nous voulons avoir un monde vivable.



WIE : D'après votre description, la volonté individuelle et collective de changer notre vision de la réalité est fondamentale pour une transformation effective. Mais vous semblez dire qu'il ne s'agit pas seulement de remplacer un vieux modèle par un autre. Il s'agit, en fait, d'aligner notre vision et notre comportement sur la nature profonde de l'évolution.



DH : Oui. Nous ne sommes pas obligés de rester dans le cadre mental et institutionnel actuel, qui est radicalement destructeur. Nous pouvons changer, et l'ordre naturel des choses pourrait émerger dans toutes nos organisations sociétales le gouvernement, le commerce, la religion. Il est à notre portée, en attendant de pouvoir prendre forme.

Je dis souvent que chaque esprit humain est comme une pièce dans une vielle maison, remplie de très vieux mobilier. Prenez n'importe quel espace de votre esprit , videz-le de vos vielles idées, et des nouvelles vont venir à leur place, bonnes ou mauvaises.

Le changement vient beaucoup plus de se débarrasser de quelque chose que d'additionner ou d'acquérir.



Auteur de l'interview : Revue "What Is Enlightenment?"

Interview reproduite avec l’aimable autorisation de la revue "What Is Enlightenment?" et traduite par l’équipe de WIE France.