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Femmes avec syndrome de déficit d’attention (SDA): une situation infernale
Rédigé par Sarah Jane Keyser
Que représente pour une femme le syndrome de déficit d’attention (SDA), avec ou sans hyperactivité?
On entend souvent parler dans le public du Syndrome (ou trouble) du déficit d’attention et d’hyperactivité (SDAH), mais ces discussons sont surtout centrées sur la partie « hyperactivité », qui est en fait le problème le moins grave. Les premières recherches se sont concentrées sur les jeunes garçons qui étaient turbulents à l’école et les premières statistiques laissaient penser que les filles étaient moins touchées que les garçons.
Des études plus récentes se sont intéressées au problème du déficit d’attention, et les médecins ont découvert que les filles et les femmes étaient plus souvent touchées par le déficit d’attention. Ils ont en outre découvert que les filles, lorsqu’elles sont hyperactives, ne manifestent pas les mêmes symptômes que les garçons.
Quelle est la différence entre le SDAH et le SDA (de type inattentif) ?
Dans son livre « Femmes avec un déficit d’attention » (Women with Attention Deficit Disorder) Sari Solden fait un résumé des principales différences.
Symptôme
Attention
SDA Rêve éveillé. Perdu dans leur monde intérieur. Fait une seule chose à la fois
SDAH Très facilement distrait. Fait beaucoup de choses à la fois.
Niveau d’activité
SDA Travaille et pense lentement. A de la peine à commencer quelque chose.
SDAH Se précipite dans le travail. Ne peut pas s’empêcher de bouger.
Impulsivité
SDA Evite de manière excessive les changements d’activité ou de mode de vie.
SDAH Agit de manière impulsive, sans réfléchir préalablement.
En quoi les filles se différencient-elles des garçons ?
Les filles affectées du SDA(H), ont tendance à se retrouver dans l’un des quatre profils suivants, aucune d’elles ne rivalise jamais avec le comportement bruyant et turbulent des garçons.
· Julie aime jouer avec ses frères, mais à la maison, elle est plutôt calme et aime faire plaisir à son papa. Les gens l’appellent un « garçon manqué ». Elle se donne de la peine à l’école, mais est désordre et a souvent des lacunes . Ses résultats médiocres sont acceptés, parce qu’on pense que c’est ce qu’elle peut faire de mieux.
· Donna est assise tout au fond de la classe, elle regarde souvent par la fenêtre ; mais lorsque sa maîtresse l’appelle, elle fait un grand sourire et se donne beaucoup de peine pour faire ce qui lui est demandé. Mais, comme elle est gentille, personne ne soupçonne qu’elle a un problème. On pense juste qu’elle est « dans la lune ».
· Susanne parle et rit continuellement, elle pense souvent à la prochaine récréation. Lorsqu’elle essaie de relater des évènements, elle saute du coq à l’âne. Elle est enthousiaste et pleine d’idées, mais elle se vexe très facilement, si quelqu’un n’est pas d’accord avec elle. Elle agit quelquefois « bêtement » pour cacher son manque d’organisation et ses oublis. En grandissant, son hyperactivité pourrait la conduire à faire des expériences risquées avec la drogue ou la sexualité, pour contre-balancer ses résultats scolaires décevants.
· Déborah a très bien réussi sa scolarité et ses études, elle a un titre universitaire et un excellent emploi. Elle a cependant travaillé bien plus dur que ses homologues pour obtenir son titre. Le TAD est devenu évidents que plus tard, lorsqu’elle se maria et eut des enfants. La complexité de la conjugaison de la vie professionnelle avec les enfants et le mari, la conduisirent alors à une grave dépression.
Les garçons hyperactifs reçoivent généralement l’aide dont ils ont besoin, parce que leur comportement dérange, tandis que les filles ont souvent un meilleur comportement et n’attirent pas l’attention de la même manière. On pense qu’elles ont juste un problème de caractère et non un problème d’attention : Julie n’est pas très féminine, Susanne est bavarde et pas très scolaire, Donna est juste un peu lente et Déborah a un « baby blues ». On pense rarement au SDA.
Que se passe-t-il lorsque ces filles grandissent ?
Beaucoup d’enfants avec des problèmes d’attention deviennent des adultes avec des problèmes d’attention. Les symptômes visibles chez les adultes comprennent la désorganisation, une sensibilité émotionnelle exacerbée, des faibles performances, une mauvaise estime de soi, des relations sociales perturbées ou la dépression. De tous ces symptômes, c’est la désorganisation qui est le plus caractéristique.
La désorganisation peut prendre des proportions gigantesques. Elle se manifeste dans les armoires qui débordent, les rendez-vous manqués, les arrivées tardives, les pensées confuses.
Sari Solden nous dit, que lorsqu’elle travaillait comme thérapeute, elle ramenait les tâches administratives avec elle à la maison tous les soirs et tous les week-ends pour « s’organiser ».
Il y a, en plus, un sentiment de frustration et de honte à trouver si difficile, ce que les autres font si facilement, un sentiment d’abandon à voir les amis et les collègues aller de l’avant dans la vie, alors que vous semblez rester prisonnière à ranger des papiers.
Description d’emploi: épouse, mère
Les femmes qui ont un Syndrome d’attention sont doublement handicapées, à cause des attentes de la société quant à leur rôle de femme, en tant qu’épouse et de mère, deux rôles qui exigent des grandes qualités d’organisation.
Considérez un instant ce que signifie un SDA. Vous connaissez les variateurs d’éclairage qui permettent de régler la luminosité d’une lampe : doux et agréable pour une soirée intime, puissant pour le travail. Le cerveau a besoin de courant électrique pour fonctionner, comme votre lampe. Avec le SDA, le cerveau utilise mal la dopamine dans les synapses, comme un variateur de lumière qui freine trop le courant. La nouveauté et le risque sont des facteurs qui éveillent les gens affectés de déficit d’attention.
Revenons à notre ménagère, qui doit faire face, chaque jour, aux mêmes nombreuses tâches quotidiennes : les vaisselles à ranger, les chaussettes à laver, les chemises à repasser. Tout ceci est bien ennuyeux. Il y a ensuite les enfants à habiller, à mener chez le médecin, les réunions à organiser… de nouveau ce mot : « organiser ».
Décider ce qu’il faut faire en premier, ce qui est le plus important, ne pas oublier d’aller chercher les habits à la teinturerie – tout ceci nécessite un cerveau actif, mais le cerveau avec un déficit d’attention fonctionne avec le variateur positionné au minimum. Susanne, qui a quitté l’école aussi vite que possible, ressent les mêmes échecs dans sa vie de ménagère.
Le monde du travail
Dans le monde du travail, la vie peut être passionnante ou ennuyeuse. Si une femme comme Déborah, avec son titre universitaire, trouve un travail passionnant qui constitue un défi à ses compétences, elle peut y arriver. Les femmes comme Julie ou Donna, qui avaient des difficultés scolaires, occuperont vraisemblablement des emplois subalternes qui, comme les tâches ménagères, exigent des compétences qui justement leur manquent: ranger les dossiers ou dactylographier sans faute.
Le monde du travail demande une bonne part de socialisation. Une situation difficile pour Donna, qui vit dans son propre monde, ou même pour Susanne qui est sociale, mais trop émotive. Difficile aussi pour Julie, « garçon manqué »: autant les hommes que les femmes chercheront à l’éviter. Difficile pour Déborah, « trop » intelligente.
Que faire? Le Coaching pour le SDA(H)
Le Coaching, c’est une approche efficace pour une personne atteinte du SDA(H). Un coach qui s’est formé aux problèmes de SDA(H), aide le client à fixer des buts, à mettre en place des stratégies pour gérer le quotidien, et à mener à terme les projets.
En savoir plus :
Sari Solden, Women with Attention Deficit Disorder, 1995
Sarah Jane Keyser, Syndrome du Déficit d’attention (SDA) sur le lieu de travail
Auteur de l'article : Sarah Jane Keyser
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