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Le courage de lâcher prise (1/2)

Rédigé par Isabelle Robert

Quelle est la caractéristique commune des managers qui souhaitent être coachés ? Existe-t-il un profil spécifique ?

Alors même qu’il y a tellement « d’écoles de coaching », de courants, voire de pratiques, peut-on identifier l’instant privilégié ou l’individu quittera sa « carapace » ?

Chacun d’entre nous, a besoin au moins une fois dans sa vie professionnelle d’échanger, de dialoguer pour se conforter ou tout simplement de formuler à haute voix ses incertitudes.

Cet instant est pour celui qui le vit une grande preuve de courage.
Il a accepté de ne plus « s’accrocher », il vient d’admettre que le contrôle n’est pas la seule stratégie.



Vouloir être toujours dans le contrôle est la dernière des bonnes stratégies.

Une histoire vraie : M. W. et sa grande découverte.

Côté pile, nous nommerons ce client M. W. C’est, pour beaucoup, un modèle de réussite : 45 ans, brillant polytechnicien et Président Europe d’un groupe Anglo-Saxon international.

Côté face, il est un peu inquiet, agacé, voire « dépassé » par tout ce qu’il appelle « les approches Soft ».
Il comprend les termes : productivité, résultat, marge, bénéfice mais semble avoir plus de mal avec : esprit d’équipe, écoute et développement personnel.
Le terme « coaching », par exemple, lui est insupportable.

Nous avions déjà consacré plusieurs entretiens pour définir l’approche idéale permettant de résoudre son souci actuel : comment fédérer son équipe ?

Du temps avait été passé sur les aspects techniques de sa fonction, mais sans pour autant trouver de réel intérêt à travailler ensemble, lorsqu’il nous confia :

« Mes gens sont biens. Ils sont efficaces, intelligents, plein de bonne volonté, mais ils ne me comprennent pas. »

Il avait l’air sincèrement surpris de cet état de fait, et ne remettait pas en cause sa propre attitude. Il cherchait ce qui n’allait pas chez les autres. Il développait de nouveaux outils, fixait de nouveaux objectifs, et, selon lui ne pouvait que constater un écart grandissant avec ses collaborateurs directs.

Nous convenons donc de conduire une réunion de travail lors du prochain Comité de Direction autour de « la cohésion d’équipe ».

M. W. accepte que nous y intégrions une activité « originale à caractère pédagogique »

Au jour et à l’heure dits, nous débutons le séminaire avec un jongleur franco-britannique, vêtu d’un superbe costume trois pièces, et portant une queue de cheval.

Notre jongleur demande à chacun de passer un tee-shirt blanc portant le logo de l’entreprise, au prétexte que nous risquons de transpirer.

Après 15 minutes d’errances jonglistiques, nous faisons un premier point sur les raisons qui nous empêchent de jongler aisément avec 3 balles.

La réponse vient de M. W. : « Rien ne nous prépare, ni dans le système éducatif, ni dans les valeurs traditionnelles, ni dans le fonctionnement des entreprises à acquérir une qualité essentielle pour jongler; savoir lâcher prise. »
Il avait parfaitement raison, et avait fait montre d’un vrai talent d’observation.
Le séminaire pouvait continuer….


A partir de cet instant M. W., responsable « contrôleur », avait fait sa grande découverte : « lâcher-prise est, en certaines situations, la meilleure des stratégies ».
Une stratégie, ici, indispensable pour faire confiance et favoriser l’initiative au sein de son équipe.



Les bénéfices du lâcher-prise :

Une troisième voie
Chaque manager est partagé entre implication et détachement, contrôle et laisser-faire, concentration et dilution de savoir ou d’informations, pouvoir illusoire et impuissance réelle.
Lorsqu’il lâche prise, il ouvre un espace nouveau, une troisième voie au minimum.

De la sécurité
Il fait une démonstration de confiance et de sécurité ontologique, et il offre à ses collaborateurs, ce faisant, de nouvelles « permissions ».
Il contribue à oxygéner l’air que respire son équipe.

De nouvelles compétences
Le manager développe dans le lâcher prise des aptitudes personnelles assez proches de celles du Jongleur, de l’Acteur ou de l’Equilibriste (voir articles)



Le courage d’être coaché :

Par expérience nous avons constaté que tout futur « coaché » a franchi une étape essentielle : il a mobilisé sa capacité à lâcher prise pour s’admettre à lui-même qu’il pouvait avoir besoin d’un accompagnement.

Lorsqu’un dirigeant a ce courage, il ne souhaite pas avoir à faire à un théoricien, un moraliste ou un arrogant, il souhaite souvent trouver quelqu’un capable de l’accompagner avec humanité et une dose raisonnable d’humilité. Et c’est là que débute notre alliance.


En savoir plus :

Articles à venir :

Le triathlon du lâcher-prise (2)
a- Les nouvelles compétences du Dirigeant : « le Jongleur»
b- Les nouvelles compétences du Dirigeant : « l’Acteur »
c- Les nouvelles compétences du Dirigeant : « l’Equilibriste »



Auteur de l'article : Isabelle Robert
avec la participation de Didier Aveline


Profil de coach d’Isabelle Robert.
Son offre de service
www.prasad-conseil.com


Isabelle Robert et Didier Aveline sont associés au sein du cabinet Prasâd. Isabelle dirige le cabinet, elle est consultante et coach et utilise, parmi d’autres, les techniques du rêve éveillé et de la PNL Transpersonnelle pour ses interventions.

Août 2004




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