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Favoriser le travail en équipe
Rédigé par Valérie Bergere
Les managers regrettent souvent de ne pas observer plus d'esprit d'équipe, de coopération spontanée entre leurs collaborateurs." Chacun travaille dans son coin ; ils ne communiquent pas assez " se plaignent-ils. En quoi est-ce si ennuyeux ? Et comment favoriser l'émergence d'une " intelligence collective " ?
Travailler en équipe : quel intérêt ?
Etymologiquement et historiquement, le terme d'équipe désigne l'équipage d'un bateau. Les nombreuses métaphores employées par les managers pour mobiliser leurs troupes ne sont donc pas fortuites…même si elles n'ont pas toujours l'impact escompté !
Si l'équipe est un groupe plus ou moins structuré ayant une finalité commune, elle trouve sa raison d'être dans l'espoir selon lequel c'est la combinaison des ressources individuelles qui permettra de tendre vers cette finalité.La combinaison et non la somme !De même que c'est bien l'association particulière des couleurs jaune et bleu qui produit le vert (le vert n'existant ni dans le jaune, ni dans le bleu).On parle alors de qualités émergentes, c'est-à-dire de nouvelles caractéristiques créées par l'association de caractéristiques initiales.
Cette nuance est importante car si les collaborateurs forment bien un groupe clairement défini dans son appartenance et sa fonctionnalité (ils sont une somme d'individus regroupés dans un but donné), ils ne constituent pas toujours une équipe " interagissante ", combinant leurs ressources.Et ils se privent ainsi tant d'une meilleure performance que de sources de satisfaction individuelle.
• D'une meilleure performance
Nombre d'expériences mettent en évidence que les résultats d'un groupe sont supérieurs à ceux de l'individu isolé.Par exemple, des étudiants qui ont suivi le même programme passent un examen de leurs connaissances. Ils doivent répondre seuls à une partie des questions et ensemble à l'autre partie.
Dans 97% des cas, les résultats de l'équipe sont nettement meilleurs que ceux des individus isolés.
Par ailleurs, travailler avec d'autres place le collaborateur en situation permanente d'apprentissage.Et l'on apprend d'autant plus facilement que l'on est habitué à apprendre…Tout cela ne surprend personne mais nous avons tendance, engagés dans le quotidien et la recherche de rapidité voire de facilité, à laisser s'installer des habitudes de " cavalier seul ". Peut-être parce que nous n'avons pas toujours conscience de ce qu'un fonctionnement en synergie apporterait vraiment et que l'existant nous paraît " déjà pas mal " !
• Une plus grande satisfaction individuelle
Le travail en équipe, lorsqu'il se déroule dans des conditions favorables (harmonie - émulation - reconnaissance), apporte un soutien social qui sécurise l'individu quant à sa valeur et lui permet alors de prendre plus de risques : faire preuve de créativité, émettre des propositions innovantes…Il n'est plus contraint d'employer son énergie à se démarquer, à préserver sa place ou à ne pas se faire remarquer mais peut se lancer dans l'aventure de la participation active. Plus contributif au résultat de chacun de ses collègues (le lien ainsi tissé est plus fort), il devient aussi plus apprécié par les autres et en obtient des gratifications en terme d'image. Et si le manager valorise au sein même de l'équipe, avec justesse et justice, son propre apport, il sera peut-être " pris au piège " de la synergie qui deviendra un élément essentiel de son confort au travail !
Comment favoriser, renforcer la synergie attendue ?
Puisque le travail d'équipe est porteur de tant de promesses, comment l'encourager ? Nous pensons que l'esprit d'équipe n'est pas figé, dans l'absolu, chez tel ou tel individu. Dire d'un collaborateur qu'il a ou non l'esprit d'équipe n'a pas réellement de sens. Certes, chacun d'entre nous est plus ou moins attiré par les échanges avec les autres et plus ou moins enclin à spontanément partager l'information, donner son point de vue, apporter un regard critique constructif…
Cependant, c'est le contexte qui va conduire le collaborateur à se comporter selon les règles de coopération en vigueur dans le groupe.Le contexte, ce sont la nature des objectifs fixés, le type de relations établies à l'intérieur de l'équipe et la place qu'il peut y occuper, l'attitude du manager etc.Il ne s'agit donc pas d'attendre que l'esprit d'équipe se manifeste chez tel ou tel mais d'aménager le contexte du travail pour que celui-ci s'installe durablement et que, si possible, chacun y trouve du plaisir.Quelques pistes…
• Déterminer un objectif d'équipe intéressant, ambitieux.
Il peut être quantitatif ou qualitatif selon l'activité concernée ; l'important est qu'il soit mesurable, n'appelant aucune contestation.- " Réduction de 15% du délai de traitement de tous les dossiers sortant du département"- " 0 défaut dans telle ou telle tâche mobilisant toutes les personnes de l'équipe "- " Amélioration du climat de travail interne à l'équipe (évaluation sur une échelle à élaborer en équipe)"- " Développement de la communication externe au département (évaluation à partir de critères objectifs à définir au préalable) ".La variété des objectifs possibles est immense.Ce qui est fondamental, c'est que le groupe en perçoive la cohérence, la pertinence et que le manager soit à ce sujet porteur d'un message entraînant, fédérateur.
• Permettre aux membres de l'équipe de bien se connaître,
de tenir un rôle spécifique (même si celui-ci évolue au fil du temps) qui leur convient.
Cela passe notamment par la création d'occasions formelles ou moins formelles de se rencontrer pour travailler mais aussi pour discuter… jouer !Le manager peut proposer des jeux d'ingéniosité, de communication ou tout exercice qui offrent l'opportunité de réfléchir ensemble, de trouver des stratégies communes, d'actionner les ressources de chacun tout en développant la connaissance / compréhension interindividuelles et en ouvrant les perspectives d'échange (parler d'autre chose pour mieux parler ensuite de ce qui importe dans le travail commun !).
Où trouver le temps ?…Là encore, il ne s'agit pas de perdre du temps pour générer de la bonne humeur (le climat dans ce type de réunions n'est d'ailleurs pas toujours joyeux !) mais d'en consacrer à renforcer la qualité…niche de productivité à court terme et dans la durée.• Récompenser la valeur de chacun au sein de l'ensemble.L'une des raisons pour lesquelles certains collaborateurs ne fonctionnement pas spontanément en équipe est qu'ils craignent d'être noyés dans la masse, de n'être pas reconnus pour ce qu'ils ont réellement fait.C'est pourquoi l'on ne peut stimuler le travail collectif que si l'on assure à chaque collaborateur la reconnaissance de ses mérites.
• Arbitrer les conflits,
intervenir dès l'apparition des tensions mais surtout, former, accompagner les collaborateurs pour qu'ils traitent les désaccords, les dissensions naissantes.Le manager peut jouer un rôle fondamental dans la généralisation des pratiques de " communication non violente " au sein de son équipe, pratiques qui privilégient la clarté et l'objectivité dans l'expression, l'écoute, la recherche de compromis etc.
Le travail d'équipe n'est pas une fin mais un moyen de produire de meilleurs résultats et de favoriser l'évolution individuelle.Il se met rarement en place spontanément mais requiert l'attention, l'énergie, le bon sens d'un chef de troupe pour le structurer, lui donner une impulsion et le faire vivre dans le temps.
Auteur de l'article : Valérie Bergère
Son profil de coach
article mis en ligne le 06/01/05
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