Imprimer

Première rencontre sans enjeu

Rédigé par Isabelle Harlé

Lors de votre première rencontre avec un coach, assurez-vous qu’il n’y a pas d’enjeu encombrant…. ni de votre coté ni du sien !



Bonjour,


Je souhaite partager avec nos lecteurs (plus de 4.000 en ce début 2005) l’expérience que j’ai d’un protocole de première rencontre « sans enjeu ».






Ce protocole est utilisable, avec quelques variantes :

- pour des managers en entreprise
- pour des patrons de PME,
- pour des membres de comité de direction
- pour des professionnels indépendants



Protocole :

1°) un temps dédié, sans témoin
2°) un temps d’information, pas de travail
3°) deux décisions distinctes pour le client
4°) deux niveaux d’information différents
5°) la liberté du coach aussi




1°) Un temps face à face, sans le chef ou le DRH, ni l’associé ou le partenaire, bref sans témoin qui pourraient exercer une pression par leur seule présence, ou être secrètement chargé de « comprendre à la place de.. ».

Mais aussi sans une seconde personne à informer pour d’autres raisons, ce qui risquerait de complexifier les explications du coach.

En effet, le coach va utiliser des explications, illustrations, comparaisons, etc… en adéquation avec son interlocuteur.

La DRH n’a pas besoin des mêmes informations que le manager opérationnel, et le futur coaché pourrait se trouver coincé de recevoir de l’information en présence de son chef, lui-même prescripteur et payeur du coaching…


2°) Un accord que le travail ne démarrera pas ce jour là.

Il s’agit de se dégager de l’urgence si jamais il y en a.

On peut imaginer faire un « bout d’essai » pour montrer à quoi ça ressemble aux coachés potentiels qui ont besoin d’expérimenter pour comprendre.

Mais ce bout d’essai ne sera pas un vrai contrat, ne sera pas conçu dans la durée, sera bouclé proprement avant la fin de l’entretien.


3°) Séparer pour le client la décision d’entamer une démarche de coaching de la décision du choix du coach.

Ces deux aspects pourront être traités dans le même entretien, mais de manière bien séparée.

Concrètement, le coach doit être prêt à ce que cet entretien profite à un autre, ce qui est peut-être le plus difficile mais sans aucun doute le plus libérateur pour un entretien dégagé d’enjeux encombrants.

En effet, tout en découvrant en quoi consiste le travail de coaching, le coaché potentiel imagine les points qu’il pourrait avoir à soulever et le type de compétences qu’il va attendre de son coach.

Il se peut qu’il réalise en chemin qu’il préfèrerait avoir un coach plus « ceci » ou moins « cela », voire un coach d’un autre sexe ou d’une autre tranche d’age.


4°) Distinguer pendant l’entretien, les informations générales (principes du coaching, déontologie, notion de contrat et d’objectifs, posture du coach, etc….) et les informations spécifiques (la formation de ce coach-là, ses outils, son parcours) qui peuvent être données très simplement et directement, et à tout moment, mais distinguable en tant que spécifiques par le client .

Ex :
- le coaching est une démarche à durée déterminée, ni une seule séance, ni un abonnement à vie, et moi, j’aime bien travailler par tranches de x à y séances, espacées de z à t semaines.


5°) Garder au coach la liberté (à lui aussi) d’accepter ce client ou pas.

On peut, par exemple, avoir une « première rencontre » avec un manager d’une entreprise donnée, alors qu’on est déjà en relation de coaching avec un autre manager de la même entreprise, et découvrir, pendant ce premier entretien, que les deux managers sont trop proches dans leur style ou dans leur problématique, pour permettre un bon travail indépendant par le même coach.

Cette liberté que se donne le coach, et qu’il peut nommer avec légèreté, confirme, en parallèle, la liberté qui est donnée au coaché potentiel, d’avoir envie de la démarche présentée par le coach mais pas du travail avec ce coach-là, quelles qu’en soient les raisons.


En collectif, quelques précautions :

Dans le cas d’une démarche envisagée d’emblée comme collective (associés, partenaires, équipe à haut niveau d’autonomie et de maturité), on peut envisager une première rencontre à plusieurs, en approche système, si le coach a l’intention et la capacité à utiliser l’approche système en intervention.

En effet, dans ce cas, les associés expérimentent dès la première rencontre les modalités relationnelles coach-système qui seront celles du travail proprement dit, et on respecte donc bien l’esprit du processus parallèle désiré. Ceci devrait être explicité lors de la première rencontre pour une bonne compréhension par les clients potentiels de la signification de ce mode de travail.


« Je vous rencontre directement tous les trois, afin de ne pas établir de lien particulier avec aucun d’entre vous et préserver ma capacité à intervenir avec vous en approche système, si vous décidez de faire appel à moi. Vous allez donc voir, dans cet entretien, pendant que je vous donnerai des informations sur l’accompagnement des équipes, comment je m’y prends pour m’adresser à vous en tant que système »

(face à 3 associés d’une SAS en questionnement par rapport à leur mode de fonctionnement collectif).



Un processus élégamment similaire

L’essence du coaching se situe dans la relation coach-coaché.


Certes, l’outil de travail opérationnel du coach sera le questionnement cf article « les questions du coach » mais ses questions ne font naître une réponse éclairante pour le client que si elles sont posées au sein d’une relation de qualité.

De même, lors de la première rencontre, le client pourra s’interroger sur la pertinence de cette démarche pour lui-même, et pourra le faire bien si la relation avec la personne qui lui explique pour la première fois ce qu’est le coaching, comment ça fonctionne, ce que cela apporte, est elle-même de qualité.

La qualité de la relation tiens notamment à la transparence des enjeux du coach et du coaché.

Lorsque le coaching est entamé, les enjeux du coaché sont ceux identifiés dans son contexte et nommés dans son contrat (cf article « contrat » ) et les enjeux du coach sont aussi discrets et minimes que possibles, voire nuls.

De même, lors de cette première rencontre, on limitera les enjeux à quelques-uns, basiques, modestes, et surtout transparents.

En établissant une relation sans pression, lors de la première rencontre, le coach démontre sa capacité à se mettre « au service » du client.



Pourquoi une première rencontre sans enjeu ?

- parce qu’à la première rencontre, il n’y a pas encore de contexte ni de contrat,

- parce que le coach et le coaché potentiel n’ont pas encore assez d’information l’un sur l’autre pour étalonner leurs niveaux de stress respectifs

- parce que l’absence d’enjeu permet d’arriver plus rapidement à une relation de qualité… dans laquelle les informations échangées seront mieux digérées

- pour éviter le piège du client qui se lance dans description de son contexte, avant même de savoir si ça va servir à quelque chose

- pour permettre au client de choisir la démarche sans choisir la personne en même temps

- pour permettre au coach d’être au mieux de sa forme et expliquer clairement



Pas tout à fait sans enjeu …

En fait, il va rester des enjeux minimes, facilement énonçables et dont la portée ne dépasse pas l’entretien lui-même.

Pour le coach :

- réussir à exprimer simplement et de manière accessible à son interlocuteur ce qu’est son métier

- fournir assez d’information au coaché potentiel pour lui permettre de prendre une décision éclairé


Pour le coaché potentiel :

- comprendre de quoi il s’agit,
- évaluer si la démarche de coaching répond à son besoin et à ses envies



En conclusion,

Manager, associé, indépendant vous êtes en interrogation par rapport à une démarche de coaching ou simplement vous voulez savoir ce que c’est pour envisager de l’introduire dans votre panoplie d’options de développement ?

Alors rencontrez un coach, dans une « rencontre sans enjeu » !

La lecture d’articles et de livres ne vous apportera jamais autant d’informations que la rencontre elle-même.

Offrez-vous l’occasion de compléter votre information, et de réfléchir : « est-ce adéquat pour moi maintenant ? »

DRH, prescripteurs, pour souhaitez proposer un coaching à quelqu’un ?

Organisez une rencontre avec un coach, pour que cette personne puisse s’informer et décider pour elle-même !

Je vous souhaite de belles rencontres.



Auteur de l'article : Isabelle Harlé
Ses coordonnées
Son profil de coach
Ses autres articles

Son offre de service




Les consultants de Coaching Avenue accompagnent les individus et les organisations en phase de changement ou de développement.

Vous cherchez un coach ?

Vous voulez un interlocuteur unique pour coordonner une intervention plus complexe d'accompagnement du changement ?