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Organisation globale : quelle identité pour demain ?

Rédigé par François-Noël Tissot

Pour valoriser ses investissements, accroître la performance de ses établissements et préparer de nouvelles évolutions, le chef d’entreprise entend être compris et suivi.

L’organisation globale émergente modifie la donne et convoque de nouvelles compétences.




Explorer, expérimenter, innover


"La vie, la santé, l'amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ?" déclare Laurence Parisot (1).

En statuant ainsi sur le salariat, le représentant des entreprises de France place ses concitoyens en position d'entrepreneurs sur une scène mondiale.

Dans cette logique, comment ceux-ci peuvent-il mieux contribuer à la "maison France" en s’assurant d’un meilleur retour sur leurs investissements ?

Notamment, comment le chef d’entreprise, tête de réseau ou pilote de projet, les invite-t-il efficacement à s'engager sur la construction de sa propre organisation ?

Explorons pour expérimenter vers de nouvelles formes d'organisation des relations.



Innovation et déplacement du risque : une culture à partager


Pour aborder l'inédit, revisitons le vécu.

D'expérience, lorsqu'un industriel m'invite, comme conseil en identité, à la conception d'une nouvelle organisation ou d'un nouveau site (2), j'interroge en priorité le déplacement du risque, l'un des quatre facteurs de non-qualité qui vulnérabilise toute tentative d'innovation (3).

Par exemple, considérons le collaborateur en travail posté : peu au fait de l'environnement qui l'entoure, il est en situation de victime potentielle d'un danger imprévisible ; il se sait en état de dépendance pour sa sécurité, notamment physique.

En revanche, en organisation agile, le collaborateur se trouve co-gestionnaire d'un risque maîtrisé dans un environnement sur lequel son regard - donc son intelligence, sa parole et son agir - s'exercent effectivement.
Ici, la maîtrise du risque s'est déplacée de l’employeur à l'acteur lui-même.
Ce déplacement est la condition sine qua non du changement d'organisation.

Dès lors, comment passe-t-on avec succès d'une configuration à l’autre ?



Acculturer à l’organisation globale


L’enjeu de la transformation est de permettre à l'ensemble des collaborateurs, internes et externes, de se situer dans un espace de parole, d'ambition et d'entreprise, pour être effectivement en mesure de trouver moyen et avantage à contribuer à un avenir crédible.

Pour ce faire, tous doivent s’approprier une représentation à la fois globale et détaillée du process ou de l'organisation.

Une telle acculturation procède déjà de l’émergence du paradigme d’organisation globale : il est indispensable non seulement d’ordonnancer des compétences autour de nouveaux processus, mais aussi de fidéliser l'engagement d'hommes et de femmes sur des valeurs, entrepreneuriales et patrimoniales, comme acteurs et forces de proposition en réponse à un environnement incertain et volatil.

Ordonnancer et fidéliser, il s'agit là d’un seul et même geste d’intégration et d'acculturation.



Le process comme dispositif d’intégration et de construction d’identité


Notre époque invite chacun d'entre nous à inscrire ses initiatives dans un contexte de globalisation des réponses aux enjeux de la planète.
En effet, le XXI siècle s'ouvre sur cette novation : l'humanité dans son ensemble prend la mesure de l'actualité pressante d'une gouvernance de ses richesses collectives dans la perspective d'un développement durable.
Au premier rang de ces richesses : l'homme lui-même (indissociable de son habitat, biotopes et cultures) et ses organisations qui le façonnent en retour.

Aujourd’hui, l'enjeu majeur est de permettre à quelque six milliards de nos contemporains de mieux contribuer à la prospérité les uns des autres, c’est-à-dire de conjuguer leurs talents selon des formes adaptées d’organisations entrepreneuriales.
L’attractivité de notre pays s’appréciera à la pertinence de notre contribution.

Multiples sont les réponses. Ensemble, dans nos entreprises, nous pouvons apprendre à les inventer : c'est à l'échelle de la planète que se récolte cette moisson.

Territoires et industries restent à déployer autour de processus redessinés et clairement caractérisés, pour intégrer, mobiliser et permettre de se mesurer, culture contre culture.

En tant que conseil en identité, mon choix est d’accompagner leurs acteurs à en ériger l’économie.



Auteur de l'article : François-Noël Tissot
Réviseur : Isabelle de Montety

François-Noël Tissot éclaire et structure les processus de coopération, d’intégration et de construction d’identité sur des projets atypiques et transverses.

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Son site internet : http://www.tissot-id.com


(1) Laurence Parisot, Présidente du Mouvement des Entreprises de France, in Le Figaro Economie du 30 août 2005.
(2) Pour illustration : conception du site FIAT de Melfi (7.000 collaborateurs et 20 équipementiers-résidents, sur 300 hectares) ou programmation de l’organisation SNECMA (Safran) de Corbeil (3.000 collaborateurs, sur 100.000 m2).
(3) Relire à ce sujet l'article "Innovation permanente : qu'y peut la qualité ?"

Illustration : l'une des symboliques la transformation, selon François-Noël Tissot (1986)