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Comment favoriser l’expression imaginaire ?

Rédigé par Notre Invité

Guy Aznar, co-organisateur avec Todd Lubart de la seconde édition du colloque international de créativité "Créa-Université" expliquait dans un article remis aux participants en quoi il est utile de distinguer les différents concepts cachés sous ce mot : « l’expression imaginaire », « la création artistique », « la création d’idées », « l’innovation » qui, d’une certaine manière, sont proches et, à certains égards, n’ont aucun rapport entre eux.


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Les techniques utilisées pour favoriser l’expression imaginaire, peuvent se classer en trois catégories :

- des techniques de levée de la censure, ou de déconditionnement ;

- des techniques de mobilisation de l’énergie,

- des techniques d’expression.


Lever la censure

Lever la censure c’est avant tout être permissif, supprimer tout jugement de valeur, autoriser la libre expression, ce qui est simple à énoncer mais qui suppose souvent de nombreux exercices et du temps.

C’est s’habituer à utiliser les mécanismes de la libre association qui s’inscrivent en rupture par rapport aux traces neuroniques profondément inscrites par la répétition et le jugement.


Mobilisation de l'énergie

Mobiliser l’énergie, c’est faciliter la prise de risque dans le contexte d’un petit groupe permissif, où la notion de confiance est primordiale (confiance en soi, confiance devant les autres, confiance dans les autres).

Il s’agit de mobiliser la dynamique du groupe par une mise en jeu de l’affectivité, par l’implication de chacun des membres, notamment à travers le processus des « régulations » psychologiques.


Les techniques d'expression

Les techniques d’expression, enfin, sont des règles toutes simples, qui
permettent à n’importe qui de dessiner collectivement, de raconter une
histoire collective, de voyager dans le territoire d’un rêve individuel ou
collectif


Les limites de l’ « expression imaginaire ».

Si l’action de développement de l’imaginaire revêt une importance considérable à titre individuel et collectif, il convient d’en préciser les limites pour mieux la définir.

La créativité au sens d’expression imaginaire n’a pas de rapport avec la
création artistique et ce n’est pas son objet. La production n’a pas vocation à être conservée ou à être montrée. En fin de groupe, on brûle la production imaginaire du jour : je me souviens d’un chalet où nous nous réunissions et où le sol gardait les traces noires du groupe précédent. Car ce n’est pas la trace produite (dessins, rêves éveillés enregistrés, etc…) qui compte mais le chemin parcouru pour la produire. Si l’on garde un dessin, un poème, c’est par souvenir sentimental, mais ce n’est pas pour le mettre dans une galerie.

C’est précisément parce que la forme ne compte pas, parce qu’on n’agit pas « en professionnel », parce que l’on n’a pas de prétention artistique, que le mécanisme de libération de l’expression peut fonctionner. De même qu’en psychanalyse ce qui compte c’est le transfert et non le contenu de ce qui est dit, ici ce qui compte c’est la libération de son potentiel, son développement personnel, et non le contenu de la production.


La créativité au sens d’expression imaginaire ne doit pas être confondue avec le mécanisme de production d’idées.

Au mieux, c’est une étape du mécanisme de production d’idées et d’ailleurs, cette étape n’est pas toujours nécessaire (on peut la remplacer par des mots choisis au hasard).

La production d’idées que nous décrirons plus loin, mériterait peut-être d’être appelée plutôt « inventivité » que créativité.

C’est un processus circulaire qui comprend plusieurs étapes ; c’est un processus dialectique, c’est une résolution de conflits ; ce n’est pas un
processus de détente ludique mais un processus de tension, comme un match d’échecs; c’est un effort, c’est un travail, au sens de rencontre de l’énergie avec la matière, (il faut se reposer régulièrement), et s’il y a souvent une explosion de joie au moment du surgissement des idées, c’est parce qu’elle traduit une décharge de la tension et la jouissance d’avoir trouvé qui ressemble sur ce point avec la jouissance de l’artiste.

Les participants des groupes comme certains animateurs préfèrent bien
entendu faire de l’expression imaginaire plutôt que de la production d’idées, ce qui conduit à bien séparer les séquences et bien définir les objectifs.


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Auteur de l'article : notre invité, Guy Aznar

Psycho-sociologue, spécialiste de la créativité, auteur du livre "Idées - 100 techniques de créativité pour les produire et les gérer" (2005), Président de Créa-France, Membre du conseil de EACI (association européenne pour la créativité, Co-organisateur du colloque Créa-Université


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