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Rester un ''bon chef'' dans un jour sans

Rédigé par Isabelle Harlé

Comment faire pour rester un bon chef quand on est dans un "jour sans", d'humeur exécrable, et qu'on n'a envie de voir personne ?

Question posée par un ami, il y a quelque mois, au moment du démarrage de l'écriture de mon livre sur le développement de l'autorité.

Voici ce que j'ai fait de la question, dans le livre (et merci à Marc pour la question)


Questionnement:

- Avez-vous la croyance qu'un chef doit toujours être en pleine forme ? (allons bon, vous prendriez vous pour un être parfait et infaillible ?)

- L'origine de l'humeur excécrable est-elle professionnelle ou privée ? et si elle est professionnelle, est-elle liée à votre équipe ou à des aspects extérieurs à l'équipe ? (fournisseurs, dirigeants, concurrence)

- Quel serait l'impact effectif sur votre travail et sur celui de l'équipe si vous ne voyiez effectivement personne ce jour-là ? (Avez-vous assez de travail de bureau pour rester efficace si vous restez cloitré? Combien de temps votre équipe peut-elle fonctionner correctement sans contact avec vous? Quelles priorités risqueraient de pâtir sérieusement d'une désertion opérationnelle de votre part?)

- Quels sont les modèles de comportement de chef d'humeur excécrable que vous avez en mémoire, et dans quelle mesure vous semblent-ils satisfaisants ?


Ebauche de réponse à la question:

Voici donc une ébauche de réponse, ajustable en fonction de vos réponses aux questions ci-dessus:


1°) Reconnaître votre état pour ce qu'il est et accepter votre mauvaise humeur du jour. Accepter l'idée que vous n'êtes en effet pas en état de faire un bon travail de management de proximité dans cet état, et que le meilleur service à rendre à votre équipe est peut-être bien de vous abstenir pour ne pas avoir de réaction qui nuirait à votre autorité.


2°) Choisir le niveau d'intéraction minimal approprié pour la journée, le niveau le plus bas qui ne mettra pas en péril les priorités opérationnelles.


3°) Prévenir votre équipe, directement ou indirectement (via votre assistante) de cet état de fait au niveau de détail qui vous semblera juste. L'idée n'est pas de vous "justifier" ni de "rendre des comptes" sur votre besoin de retrait, mais de donner le minimum d'information suffisant pour que vos collaborateurs comprennent ce que vous attendez d'eux par rapoort à votre état de mauvaise humeur.


4°) Ajuster pendant la journée si nécessaire. Il se peut que votre humeur s'améliore en cours de journée, du seul fait que vous vous êtes autorisé à vous retirer. Et dans ce cas, il n'est pas indispensable de rester à l'écart.


5°) Remercier l'équipe à la fin de la journée, directement ou indirectement (via votre assistante) pour avoir respecté votre état et répondu à votre demande.


Exemples de formulations :

" Jacqueline, aujourd'hui je suis d'une humeur de dogue et je ne serai pas assez en forme pour du management et du relationnel. On va réduire mes rendez-vous aux strictes urgences, merci de prévenir l'équipe de ne me déranger que pour ce qui ne pourra pas attendre demain."


"Attention à tous, je suis vraiment de mauvais humeur ce matin, c'est en partie liée à la manière dont vous avez géré les relations client pendant mon absence la semaine dernière, mais je préfère attendre de me calmer avant de débriefer ça en détail. En attendant, je suis indisponible à tous sauf à Gérard pour le projet bidule qui ne peut pas attendre. Les autres, au boulot!"


"Bonjour Alain, je sais que tu as besoin de travailler avec moi sur ce dossier mais ça sera pas aujourd'hui, je suis furax contre les XXXX qui viennent de lancer un communiqué de presse très dur contre nous. Préviens les autres, je n'y suis pour personne aujourd'hui."


Les réactions qui nuiraient à votre autorité:

- Vous enfermer dans votre bureau sans donner d'information à personne
- Faire de votre mauvaise humeur un secret ou un tabou (c'est illusoire, les équipes "sentent" ça)
- Sacrifier des tâches dont tout le monde connaît le niveau élevé de priorité
- Vous défouler sur un collaborateur qui n'est responsable en rien de votre état
- Vous "forcer" à maintenir un niveau d'intéraction habituel, en occultant votre besoin de retrait


A votre manière :

C'est le moment, si vous vous sentez concerné par la question-titre, d'ajuster ce protocole à votre réalité.

- Que pouvez vous garder, que pourriez vous améliorer ?

- Quels sont les mots spécifiques qui conviendront à votre situation ?

- Comment allez-vous assurer que vous restez centré sur vous et vos besoins du moment, tout en respectant les obligations opérationnelles essentielles ?



Auteur de l'article : Isabelle Harlé
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Article co-écrit avec Olivier Pauvarel et Pascale Théobald

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