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François, un DRH adepte du coaching (1/2)

Rédigé par Notre Invité

Nous avons publié récemment une critique de l'ouvrage de Philippe Desgraupes et Jean-Michel Morin (aux Editions Studyrama) La face cachée du coaching : 40 expériences décryptées - 360° sur un nouvel outil .

Les auteurs nous en proposent aimablement quelques extraits.



François, un DRH adepte du coaching

Il est venu me chercher à l’accueil et se montre d’emblée très chaleureux. Il n’y a pas besoin de se forcer pour trouver le siège de cette entreprise impressionnant. Il a l’habitude de l’effet produit sur les visiteurs et laisse admirer tout en donnant quelques explications.

Arrivés dans les bureaux paysagés de la DRH, nous nous installons autour d’une table proche de son poste de travail. Il a préparé une plaquette avec les activités et les chiffres clés qu’il commente rapidement : secteur industriel en pointe, croissance rapide du chiffre d’affaires, perspectives encourageantes quelles que soient les évolutions politiques.

Voilà un DRH qui parle d’abord business. Attention délicate, il m’avait promis au téléphone les résultats d’une enquête sur le coaching, réalisée par une étudiante qu’il a eue en stage. Le document est là, sur la table. Je remercie et précise qu’il va de soi que je citerai ce travail si je l’utilise. La précision est bien inutile. Mon interlocuteur n’a visiblement aucun besoin d’être rassuré.

Il est juriste de formation. Il a déjà été DRH dans d’autres secteurs comme la banque ou l’eau avant d’arriver dans ce groupe où il est DRH d’une filiale de presque mille personnes. L’entretien est d’autant plus fluide qu’il aborde spontanément presque toutes les questions que je me pose sans que j’aie besoin de les lui poser. A vrai dire, c’est moins de la spontanéité que la marque d’un grand professionnalisme en RH et d’une forte motivation pour ce thème du coaching. Il me dira un peu plus tard qu’il a lui-même été coaché avant d’envoyer les autres se faire coacher. Pour l’instant, il commence par l’usage qu’il fait du coaching en tant que DRH.



« Je me méfie des gourous »

En ce moment, il a deux personnes en cours de coaching : un directeur fonctionnel et un directeur opérationnel. Pour lui, c’est une démarche qui a pleinement sa place au milieu de tous les processus qui permettent de valoriser les ressources humaines. Il distingue pour chaque personne : son intelligence, ses résultats et son comportement.

Le coaching permet d’améliorer la troisième dimension, celle du comportement, quand il faut mettre en oeuvre des savoir-faire et des savoirs être. Dans ce registre, c’est un processus irremplaçable, souvent bien plus opérant que la formation, aussi bien montée soit-elle (en intra, en inter ou en alternance avec des mises en situations).



Il distingue aussi trois cas où il faut envisager de faire coacher quelqu’un :

- d’abord, la personne peut être trop inhibée dans son travail actuel,
- ensuite, elle va aborder des responsabilités beaucoup plus lourdes dans un avenir proche,
- enfin, elle est en cours de reclassement vers un autre environnement.

Il se réjouit de n’avoir prescrit des coachings que pour les deux premiers cas pour l’instant.



Vient alors le choix du coach.

Pour lui, un bon DRH doit avoir tout un réseau d’autres DRH, de coachs déjà utilisés, où le bouche à oreille doit fonctionner à plein. Il est lui-même membre de l’ANDRH (association nationale des DRH). En outre, son carnet d’adresses comporte plusieurs dizaines de noms de coachs possibles pour une mission. Il estime que c’est à lui de présélectionner un coach approprié au coaché et à la culture d’entreprise.

« Je ne vais pas prendre le même type de coach dans une banque ou dans un groupe industriel. Je ne vais pas confier un opérationnel de quarante ans issu du rang et un polytechnicien de trente ans au même coach. Dans certains cas, le fait que le coach soit un homme ou une femme n’aura pas le même impact, etc ».



Pour lui, il n’y a pas de « coach universel ».

On « n’est pas si caméléon » qu’on puisse coacher toutes les personnes pour toutes les missions. De ce fait, un coach qui a fait un travail formidable n’est pas sûr d’être réutilisé immédiatement si le contexte suivant est trop différent de celui où il vient de réussir.

Pour enfoncer le clou, il prend une métaphore : celle des « groupes sanguins ». Il en irait du coaching comme de la transfusion sanguine, il faut que receveur et donneur soient compatibles. Pour filer la métaphore jusqu’au bout, c’est au DRH de s’assurer que le coaché receveur et le coach donneur vont bien s’entendre.

Au-delà de ces considérations sur la compatibilité du coach avec le coaché et avec la culture d’entreprise, il affiche en outre des préférences très nettes. « Je préfère les gens humbles et discrets qui se tiennent loin des médias. Je me méfie des gourous ». Ce qui compte, c’est la « capacité d’empathie avec le coaché ».



Selon lui, cela vient moins d’un diplôme que d’une expérience et d’un « travail sur soi ».

Pour un DRH juriste, il a soudain un discours proche de la psychothérapie. Il est important que le coach ait une densité humaine, qu’il ait connu des échecs, qu’il ait « surmonté des fêlures »… C’est ainsi qu’il peut accompagner les autres vers une meilleure connaissance de soi et, par la suite, vers plus de performances. Il faut aussi pouvoir assumer de part et d’autre le « deuil » de cette relation particulière, dense et brève, qui doit s’avérer efficace et vite s’achever. Il est important enfin que le coach soit « supervisé ».

C’est à ce stade qu’il m’indique qu’il a lui-même été coaché il y a quelques années. Il garde un souvenir très positif de cet accompagnement sur moins d’un an. « Il y avait dans cette démarche une respiration. On sort de l’ordinaire. Il y a quelqu’un qui s’occupe de vous ». Cela révèle beaucoup de choses sur soi-même et permet de s’autoriser toute une palette élargie d’actions.


Suite de cet extrait

François, un DRH adepte du coaching (2/2)


Auteurs de cet article : Philippe Desgraupes et Jean-Michel Morin

Il s'agit d'un extrait de l'ouvrage
La face cachée du coaching : 40 expériences décryptées
360° sur un nouvel outil

de Philippe Desgraupes et Jean-Michel Morin (Editions Studyrama)


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Article mis en ligne le 30/11/07