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Comment devient-on coach ?

Rédigé par Stéphanie Féliculis

Pour répondre partiellement à cette question, j’ai envie d'attirer l'attention des personnes qui veulent devenir coach, sur la spécificité de la relation de coaching et en quoi elle requiert de nous, professionnels de l’accompagnement individuel, plus que du cœur et de l’intuition.



Mon expérience

Etant coach depuis plusieurs années, je reçois de nombreuses personnes attirées par cette pratique et ce métier.

J’ai envie de partager avec vous mes réflexions sur ces rencontres et pourquoi pas de contribuer à répondre à la question de comment on devient un coach professionnel.

J’ai vu en entretien (que l'on pourrait qualifier d'entretien d'orientation) :

- des psychothérapeutes expérimentés ou en formation qui s’intéressaient au monde de l’entreprise,

- des managers qui découvraient que l’écoute et le développement de leurs équipes étaient ce qu’ils préféraient dans leur métier,

- des consultants qui naturellement en venaient à proposer des prestations individuelles à leurs clients après les avoir côtoyés en groupes,

- des anciens sportifs, des médecins,

- bref un cocktail variés d’individualités pouvant toutes potentiellement apporter quelque chose à des clients.

J’ai croisé des jeunes et des moins jeunes, des diplômés ou non, des parisiens ou des provinciaux, des hommes et des femmes, des gens connaissant bien le monde de l’entreprise ou pas du tout.



Les points communs entre les « postulants » au métier de coach

Ce qui me semble rassembler tous ces profils différents et uniques se résume en trois points :

- une motivation tournant autour de l’envie d’aider ou d’être utile,

- un goût et souvent des compétences en matière d’écoute active,

- une expérience de vie constituant potentiellement un « talent de vie » à mettre au service de leurs clients, qu’ils soient été musiciens ou poètes à leurs heures ou qu’ils aient connu des ruptures professionnelles et s’en soient sortis grandis.

A tout cela, j’ai toujours observé que s’ajoutaient une bonne dose d’enthousiasme et de générosité, mais aussi souvent une certaine tendance à se nourrir d’illusions sur cette pratique du coaching.



Le cœur ne suffit pas pour devenir un coach « professionnel »

En effet, pour essentielles que soient les qualités de cœur pour devenir coach, tout cela ne me semble pas suffisant.

C'est pourquoi j'avais envie de vous exprimer la spécificité de la relation de coaching selon moi et en quoi elle requiert de nous, professionnels de l’accompagnement individuel, plus que du cœur et de l’intuition.

Coacher, c’est entrer avec quelqu’un qui vous fait confiance dans une relation privilégiée où, qu’on le veille ou non, on est, à mon avis, pris dans une relation d’influence où de forts mouvements affectifs ont lieu (le plus souvent à notre corps défendant d’ailleurs), les psychanalystes parlent pour cela de mouvements transférentiels.

Je peux citer un de mes clients récents avec lequel on a vite mis à jour des besoins de dépendance envers son coach (et donc aussi des besoins correlatifs de prendre confiance en lui-même).

Si je ne décode pas ce message affectif latent, je peux tomber dans le piège séduisant et bon pour l’égo de croire qu’il a raison de voir en moi LA solution et que je vais évidemment l’aider.

Je le maintiens alors dans la dépendance et ne l’aide pas à opérer un changement de niveau 2 pour reprendre la définition rappelée par Christiane Malagutti.


Si l’enthousiasme, l’écoute, l’envie d’aider et l’expérience de vie sont précieuses et efficaces en coaching, pour faire de cette pratique un métier, d’autres ingrédients me paraissent donc requis.



Le recul sur soi et « visiter régulièrement sa cave »

Deux critères me semblent déterminants à une pratique approfondie du coaching.

Il s’agit du :

1/ recul sur soi-même et sur ce qu’on fait avec nos clients.

Cela semble logique d’appliquer aux coaches ce à quoi sert le coaching principalement pour leur clients, c’est-à-dire à prendre du recul sur leur propre fonctionnement.

Différents moyens nous permettent d’y parvenir. Le travail sur soi, en auto-analyse, développement personnel ou en psychothérapie ainsi que la formation au coaching et la supervsion offrent à ce titre des outils garde fous de notre pratique.

2/ Le fait de visiter régulièrement nos zones d’ombre personnelles.

De mon expérience, elles nous font souvent nous limiter dans notre puissance de coach.



J’attends vos réactions et commentaires à cet article.

J’ai conscience en vous écrivant cela que je prône un certain modèle de l’ « être coach ».

Mais, il me semble juste, au moment où le marché du coaching flambe et où les prescripteurs de ce type d’action en entreprise commencent à structurer leurs « achats » que nous soyons conscients en tant que coaches expérimentés ou débutants de ce que nous faisons dans nos pratiques, pour mieux mettre en lumière nos spécificités à chacun.

Au plaisir donc de vous lire !


Le mois prochain, je vous parlerai de la Gestalt, courant de psychothérapie humaniste particulièrement opérant en coaching.



Auteur de l'article : Stéphanie Feliculis
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Mise en ligne : 09/04/03




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