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Guerre et paix

Rédigé par Françoise Wybrecht

Nous pouvons présenter le coaching comme étant «une relation personnalisée, un parcours durant lequel le coach facilite l'émergence des ressources du coaché, pour atteindre un objectif, dans un contexte donné».

Cette définition est tellement attractive que l'on peut se demander "ce qui fait que tout individu n'ait pas encore son coach attitré ?"



Cette interrogation nous amène aux phases préalables à l'accompagnement, à savoir aux déclencheurs de la décision.

...au premier contact avec un coach ou simplement à l'émergence de l'idée de contacter un coach.

Dès ses premiers pas, un petit humain apprend à se débrouiller tout seul. Puis la scolarité l'incite à développer des stratégies basées sur la concurrence, le principe de base étant "qu'il faut être le(la) meilleur(e) et qu'il n'y a pas de place pour tout le monde".

Très tôt, nous intégrons les concepts standards, le devoir de réussir et nous vivons très mal les échecs ... inévitables. De là à exprimer sa difficulté ou à solliciter un conseil, il y a une frontière, un monde, un univers ...



Choisir le coaching, c'est déjà avoir dépassé un bon nombre d'a-priori.

Plutôt que de continuer à utiliser des stratégies inefficaces ("à faire plus de la même chose", pour citer une expression PNL), nous nous rendons à l'évidence qu'il y a peut-être un autre point de vue ou encore qu'un avis externe peut nous aider.

"Un petit pas pour le coach, un grand pas pour le coaché".

Il s'agit souvent d'un acte de courage : le courage de se remettre en question, de reconnaître une limite, de solliciter une ressource externe, de dépasser ses craintes de l'inconnu, d'exprimer une demande et parfois, de refouler son amour-propre en mettant sa fierté de côté.

Reconnaissons qu'il est plus facile d'être apprécié(e) pour notre joie de vivre, d'être complimenté(e) pour nos compétences, de mettre en valeur notre apparence que de s'occuper d'une émotion embarrassante, d'accepter une limite, d'avouer une incompétence.



Ces constats nous amènent à la dualité, hypothèse de base de nos apprentissages et de nos sociétés.

D'un côté, nous avons le bien et de l'autre, le mal, les bons et les méchants, les victimes et les coupables, les forts et les faibles, les qualités et les défauts.

Très jeunes, nous adoptons des repères et des valeurs, facilitant notre évaluation de diverses situations et personnes.

Soyons clairs, l'approche dualiste (logique) fonctionne très bien dans de nombreux domaines. Ceci étant, nous avons tendance à restreindre la réalité à ces généralisations, à réduire notre vie professionnel à la raison, à croire qu'une vie humaine peut se planifier ...



Le trop est l'ennemi du bien. L'excès de positif devient négatif. Ce que l'on croyait bon devient néfaste.

Nous découvrons la relativité ... concrète.

Si l'on revient à ce premier geste (contacter un coach), résultat d'une réflexion, d'une envie ou d'un acte de courage, il ne signifie pas encore que la personne soit convaincue que négatif et positif font partie intégrante d'une situation ou d'une réalité.

Il n'est pas rare en effet que l'on fasse appel à un coach pour "se débarrasser d'une émotion gênante" ou pour "trouver un moyen de faire disparaître une douleur". Au-delà de la demande, nous découvrons le désir de faire la guerre à l'ennemi (l'émotion, la douleur ou le problème) ...

S'il est vrai que le coaching est caractérisé par l'efficacité et par l'atteinte d'objectifs, il n'en reste pas moins qu'il ne s'agit pas d'un travail superficiel, faisant abstraction de l'essence ou du sens.



Le coach n'est ni "un magicien faisant disparaître une douleur", ni à l'inverse, "quelqu'un considérant la vie comme un chemin de souffrances et de sacrifices".

Il est davantage question d'équilibre, c'est-à-dire de reconnaître et d'accepter une difficulté pour trouver les moyens de la dépasser.

Toute crise contient en substance l'énergie à sa solution, chaque situation est spécifique, chaque personne est différente. Ces principes se situent dans les hypothèses du coaching et assurent une qualité aux résultats.



A partir de là, tout l'art se situe dans la démarche systémique, dans la prise en compte des différents aspects de la situation.

Si nous prenons l'exemple d'une colère, il est évident qu'il s'agit d'une émotion qui peut avoir des effets dévastateurs.
Ce que l'on oublie souvent de considérer, c'est que la colère exprime un non-respect (de soi, d'autrui).

De plus, si cette colère s'avère "violente", c'est qu'elle est le résultat d'une accumulation et donc d'une incapacité à exprimer un besoin ou une petite colère à un instant donné.

Il est essentiel de dépasser le jugement initial et d'intégrer d'autres niveaux de perceptions et d'actions.



Adopter un regard systémique, c'est aller au-delà de l'apparence, ouvrir des possibles.

Il est évident que personne ne souhaite souffrir (physiquement ou moralement). Ceci étant, dans une telle situation, nous avons un choix à faire.

Soit nous décidons d'entrer en guerre contre nous même (et nous n'en sortons pas vainqueur), soit nous acceptons de décoder, de comprendre, de dépasser (recadrer, négocier, collaborer, exploiter)... la difficulté.

La réussite est atteinte grâce à la collaboration des éléments en présence.



Nous avons appris bien des choses théoriques mais très peu de choses sur nous-même, sur notre corps et sur nos émotions.

Il est donc assez normal, au départ, de réagir en cherchant à contrôler et à lutter contre des "éléments désagréables". Ceci étant, la raison et la volonté ont un pouvoir bien limité.

Il est alors temps de poser les armes, de cesser le combat pour ... écouter.

Notre corps et nos émotions sont nos alliés. Ils ne nous incitent pas à produire mais à "Etre". Nous disposons de véritables baromètres internes, qui nous orientent dans nos actions et dans nos choix, choix quotidiens et choix de vie.

Nous avons tout à gagner à les intégrer à part entière dans notre vie, personnelle et professionnelle.

Si nous cessons de combattre ces "ennemis", nous pouvons découvrir un message ... et au-delà, un potentiel à explorer et à exploiter ...



Individuellement et socialement, nous vivons une phase de grands changements.

Cette phase n'est pas nécessairement confortable mais elle nous offre l'opportunité d'apprendre de nouvelles compétences, de remplacer la concurrence par les réseaux, de considérer la différence comme une richesse, de revoir nos certitudes établies, de redonner une juste place aux émotions et au savoir-être, de choisir le bien-être et la paix, intérieure et systémique.



Auteur de l'article : Françoise Wybrecht
www.cfcel.com

Citations :
Il suffit de chanter un chant de paix avec grimace et gesticulation pour qu'il devienne un chant de guerre... Jean Giraudoux

Ne t'efforce pas de bannir la douleur et le doute, dans le vacarme du plaisir bruyant; la paix que tu recherches à l'extérieur ne se trouve qu'à l'intérieur. Arthur Joyce Cary

Mise en ligne : 10/04/2003




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